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Le BENIN AUTHENTIQUE

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Ouidah et la mémoire de l’esclavage : un passé qui marque encore

Byaccromb.herv@gmail.com

Sep 21, 2025

Ouidah n’est pas seulement une ville côtière du sud du Bénin. C’est aussi l’un des lieux les plus marquants de l’histoire de la traite négrière en Afrique de l’Ouest.

Pendant plus de deux siècles, cette ville fut un point de départ majeur pour des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants réduits en esclavage.

Aujourd’hui, Ouidah porte cette mémoire à travers des sites symboliques, des musées et un devoir de transmission qui reste essentiel.

Une ville-port au cœur de la traite atlantique

Du XVIIe au XIXe siècle, Ouidah était l’un des grands ports de la traite atlantique. Les esclaves capturés dans l’arrière-pays étaient acheminés vers la côte, où ils étaient vendus à des négociants européens en échange d’armes, de tissus ou d’alcool.

Une fois “achetés”, ces captifs étaient enfermés, souvent pendant plusieurs jours, avant d’être embarqués vers les Amériques dans des conditions inhumaines. Pour beaucoup, c’était le début d’un voyage sans retour.

A noter : Le commerce triangulaire à Ouidah s’est intensifié notamment au XVIIIe siècle, avec une organisation relativement bien huilée entre acteurs africains et européens. L’économie locale a été profondément marquée par cette période.

La Route des Esclaves : un parcours mémoriel reconstitué

Cette histoire, longtemps passée sous silence, a laissé des traces concrètes dans la ville. Le parcours le plus connu est la Route des Esclaves, un trajet de 4 kilomètres que les captifs suivaient jusqu’à la mer. Ce chemin est aujourd’hui un circuit mémoriel ouvert aux visiteurs, jalonné de lieux chargés de sens.

A noter : Ce parcours, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est une reconstitution symbolique lancée dans les années 1990 dans le cadre du projet “Ouidah 92”, avec le soutien de l’UNESCO. Il ne correspond pas toujours exactement aux tracés historiques, mais il a une forte valeur pédagogique et mémorielle.

Des lieux chargés de symboles

Le point de départ, la Place Chacha, est un ancien marché aux esclaves. C’est ici que les enchères avaient lieu, parfois en public.

Non loin, l’Arbre de l’Oubli marque une étape symbolique : selon la tradition, les esclaves faisaient plusieurs fois le tour de cet arbre pour « oublier » leur passé, leur nom, leur origine. L’idée était d’effacer leur identité avant l’embarquement.

Plus loin, la Pierre de Zomachi rend hommage aux victimes de la traite.

Enfin, au bout du chemin, se dresse la Porte du Non-Retour, un arc monumental face à la mer. Ce monument symbolise le point de non-retour des esclaves embarqués vers les plantations d’Amérique. C’est un lieu silencieux, impressionnant, où de nombreux visiteurs prennent un moment pour se recueillir.

A noter : le mémorial Zomachi a été détruit en 2024, ce qui a légèrement modifié le parcours actuel. Des discussions sont en cours pour réhabiliter ou repenser cet espace de recueillement.

La Porte du Non-Retour, restaurée en 2024, a rouvert au public en mars 2025.

Comprendre plutôt que juger

Ce parcours n’est pas qu’un simple circuit touristique. C’est un outil de mémoire. Il permet de rappeler ce que fut l’esclavage, dans toute sa brutalité, mais aussi de reconnaître la responsabilité partagée entre acteurs locaux et puissances coloniales. Il ne s’agit pas de juger avec les yeux d’aujourd’hui, mais de comprendre les mécanismes d’un système économique, politique et humain qui a marqué durablement les sociétés africaines.

A noter : La notion de “responsabilité partagée” est aujourd’hui largement discutée dans les milieux universitaires. Elle invite à une lecture plus nuancée de l’histoire, sans pour autant relativiser la violence du système esclavagiste.

Un musée pour garder trace

Le Musée d’Histoire de Ouidah, installé dans l’ancien fort portugais São João Batista, complète cette visite. Le musée présente des documents, des objets, des cartes et des témoignages sur l’esclavage et les échanges commerciaux. On y apprend aussi le rôle des rois locaux, des chefs de village et des commerçants dans ce commerce triangulaire, souvent motivé par les rapports de pouvoir et les conflits régionaux.

Le fort portugais date de 1721. Le musée a été inauguré en 1967 et fait aujourd’hui l’objet de rénovations en lien avec le futur Musée International de la Mémoire et de l’Esclavage.

Une mémoire toujours vivante

Depuis plusieurs années, des projets de mise en valeur et de sensibilisation ont été lancés. Le gouvernement béninois, en lien avec des partenaires internationaux, œuvre à la préservation des sites, à la création de parcours pédagogiques et à la formation de guides locaux. Des événements sont organisés régulièrement, notamment lors du 23 août, Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.

Mais la mémoire de l’esclavage ne se limite pas aux pierres et aux monuments. Elle vit aussi dans les récits, les chants, les familles. À Ouidah, certains habitants peuvent encore retracer leurs origines jusqu’à ces temps sombres. D’autres témoignent de l’importance de se réapproprier cette histoire, pour ne pas la laisser aux seuls livres d’histoire. Il s’agit de faire mémoire, sans haine ni oubli.

Cette transmission orale est un pan fondamental de la mémoire collective au Bénin. Elle joue un rôle essentiel dans la résilience et la construction identitaire des descendants de la traite.

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